Attention, sujet super chaud. Je sais pertinemment que je ne serais qu'à moitié objectif, mais je m'efforce de l'être, promi.
Bon, bon, bon, le rap. Je ne sais pas par où commencer... Disons que je vais introduire le sujet par la phrase que tout le monde me sort lorsque je leur parle de rap.
"Si c'est pour entendre "Je nique la France, je nique la police, etc" dans un décor de grosses bagnoles tunées et de putes en bikini, c'est trop de la merde. Je le sais, je l'ai vu à la télé."
Bon, partons de ce cliché. J'ai été contraint de passer une nuit entière à regarder M6 il y a quelques jours alors les clips, j'en ai vu kyrielle. Et il faut l'avouer, mais je le savais déjà, le rap qui passe à la télé, c'est vraiment de la merde. Le problème, c'est que ça représente maximum 2% de ce qui existe en France. Je citerais cette phrase de Soprano, ancien membre des Psy4 de la rime qui a depuis sorti un excellent album solo : "Excuse-moi si je n'ai pas les clichés de tous ces rappeurs que tu aimes tant médiatiser pour que le peuple français soit effrayé."Ce que l'ami Saïd souligne ici, c'est bien le "choix" des médias dans la diffusion des clips, ou simplement des morceaux s'il s'agit de la radio. Ainsi, il est intéressant de noter que pour les ziks, les rappeurs n'ont pas leur mot à dire dans le choix des morceaux qui passent à la radio, comme le disait Kery James à l'époque de la sortie de son premier album solo : "A l'époque, Skyrock a choisi de passer le morceau "Hardcore" en boucle, ce qui fait que des morceaux beaucoup plus conscients comme "Nuage de fumée" sont passés inaperçus. Et aujourd'hui, c'est "Hardcore" qui reste dans les mémoires."
Le problème soulevé ici est effrayant. Je connais par coeur l'album cité par Kery, puisqu'il s'agit de "Le combat continue" de son premier groupe, Ideal J. Les chansons comme "Nuage de fumée", "Ghetto français" étaient vraiment super parolières et conscientes. Elles apportaient un message préventif de mecs qui avaient fait des conneries et en parlaient avec lucidité. Mais pourtant, c'est un morceau violent et dénonciateur des saloperies du monde qui est connu aujourd'hui lorsque l'on entend "Ideal J", c'est à dire "Hardcore".
Le rapport aux Etats-Unis dans le rap français gêne énormément de gens. Pour beaucoup de gens atteints de préjugite aigûe, le rap français copie le gangsta rap cainri. Autant le dire tout de suite, c'est plus ou moins complètement faux.
Il est intéressant de noter qu'il est vrai, un collectif comme la Mafia K'1 Fry a commencé avec une inspiration très Hip Hop, avec des breaker et des graffeurs. Lorsqu'on regarde les clips à la télé, on y voit des ressemblances, des casquettes NY, un peu de bling autour du cou, des merdes comme ça. Mais ça, ce n'est pas le rap.
Le rap français n'a plus à voir avec ça. Une bonne partie trouve son inspiration des cités de notre banlieue parisienne, de Marseille, parfois d'ailleurs en France ce qui est plus rare. D'autres tiennent leurs racines d'Afrique, ou d'un mélange de cité Française et de bled Africain, comme Youssoupha ou Kery James. D'autres comme Oxmo Puccino ou une bonne partie du rap alternatif français ont créé leur propre style tout aussi convaincant.
Très souvent, le rap français crache sur les Etats-Unis, ce que je ne cautionne pas. Mais comme je supporte encore moins qu'on les sacralise, ça ne me dérange pas plus que ça.
La critique du rap vient trop souvent d'une méconnaissance, ou PIRE : d'une fausse connaissance. On CROIT le connaître parce qu'on l'a vu à la télé. Mais le vrai rap ne passe pas à la télé... Booba, Sinik et tout un tas d'autres crétins peuvent aller se faire foutre.
Quand je vois le talent parolier d'un Disiz la Peste cantonné à "J'pète les plombs" et plus récemment "Inspecteur Disiz", je suis triste.
Il suffit d'écouter les albums pour se rendre compte qu'un message souvent incroyablement bien écrit et révélateur de quelque chose de fort transpire dans les textes. Mais personne ne les écoute.
Ce n'est pas une victimisation. Ce n'est pas le "pauvre petit rap français que personne n'écoute alors qu'il le mérite". Mais quand j'entends les morceaux formidables d'un rappeur et que je sais que jamais personne n'en entendra parler autour de moi... Et que les mêmes personnes vont ensuite englober ce rappeur dans leur "Le rap c'est de la merde violente", ça me fait chier. Je ne compte convaincre personne avec cet article, puisque je sais que les esprits sont la plupart du temps fermés sur ce sujet. J'ai fait changer la vision de quelques personnes par le passé, et j'en suis très heureux. Mais les miracles n'existent pas.
Je finirais sur une liste indéniablement inutile et lourde des rappeurs que j'apprécie, par ordre alphabétique.
Amara, Arsenik, Bana Kin, Beretta, Big Red, Busta Flex, Dadoo,
Disiz la Peste, IAM, Kennedy, Kery James, Koma, La Fonky Family
La Caution, Les spécialistes, Less du Neuf, Lino,
L'or du silence, L'Skadrille, la Mafia K1 Fry et ses
membres solos et groupes indépendants (Ideal J, Manu Key,
Intouchable, OGB, le 113, Karlito, Rohff de temps en
temps), Mafia Trece, MC Solaar, MC Rikta, Noyau Dur, NTM, Oxmo Puccino,
Passi, Pit Baccardi, Psy4 de la Rime, Puissance Nord, Relic,
Serum, Soprano, Stomy Bugsy à l'époque, Tandem, et Youssoupha.
J'en oublie peut-être, tant pis.
Ah, et au fait, je connais au moins cinquante mille chansons de Renaud par coeur depuis mon enfance. Je précise juste pour ceux qui se diront que je me borne à écouter du rap. C'est tout simplement faux, haha !
Bon, bon, bon, le rap. Je ne sais pas par où commencer... Disons que je vais introduire le sujet par la phrase que tout le monde me sort lorsque je leur parle de rap.
"Si c'est pour entendre "Je nique la France, je nique la police, etc" dans un décor de grosses bagnoles tunées et de putes en bikini, c'est trop de la merde. Je le sais, je l'ai vu à la télé."
Bon, partons de ce cliché. J'ai été contraint de passer une nuit entière à regarder M6 il y a quelques jours alors les clips, j'en ai vu kyrielle. Et il faut l'avouer, mais je le savais déjà, le rap qui passe à la télé, c'est vraiment de la merde. Le problème, c'est que ça représente maximum 2% de ce qui existe en France. Je citerais cette phrase de Soprano, ancien membre des Psy4 de la rime qui a depuis sorti un excellent album solo : "Excuse-moi si je n'ai pas les clichés de tous ces rappeurs que tu aimes tant médiatiser pour que le peuple français soit effrayé."Ce que l'ami Saïd souligne ici, c'est bien le "choix" des médias dans la diffusion des clips, ou simplement des morceaux s'il s'agit de la radio. Ainsi, il est intéressant de noter que pour les ziks, les rappeurs n'ont pas leur mot à dire dans le choix des morceaux qui passent à la radio, comme le disait Kery James à l'époque de la sortie de son premier album solo : "A l'époque, Skyrock a choisi de passer le morceau "Hardcore" en boucle, ce qui fait que des morceaux beaucoup plus conscients comme "Nuage de fumée" sont passés inaperçus. Et aujourd'hui, c'est "Hardcore" qui reste dans les mémoires."
Le problème soulevé ici est effrayant. Je connais par coeur l'album cité par Kery, puisqu'il s'agit de "Le combat continue" de son premier groupe, Ideal J. Les chansons comme "Nuage de fumée", "Ghetto français" étaient vraiment super parolières et conscientes. Elles apportaient un message préventif de mecs qui avaient fait des conneries et en parlaient avec lucidité. Mais pourtant, c'est un morceau violent et dénonciateur des saloperies du monde qui est connu aujourd'hui lorsque l'on entend "Ideal J", c'est à dire "Hardcore".
Le rapport aux Etats-Unis dans le rap français gêne énormément de gens. Pour beaucoup de gens atteints de préjugite aigûe, le rap français copie le gangsta rap cainri. Autant le dire tout de suite, c'est plus ou moins complètement faux.
Il est intéressant de noter qu'il est vrai, un collectif comme la Mafia K'1 Fry a commencé avec une inspiration très Hip Hop, avec des breaker et des graffeurs. Lorsqu'on regarde les clips à la télé, on y voit des ressemblances, des casquettes NY, un peu de bling autour du cou, des merdes comme ça. Mais ça, ce n'est pas le rap.
Le rap français n'a plus à voir avec ça. Une bonne partie trouve son inspiration des cités de notre banlieue parisienne, de Marseille, parfois d'ailleurs en France ce qui est plus rare. D'autres tiennent leurs racines d'Afrique, ou d'un mélange de cité Française et de bled Africain, comme Youssoupha ou Kery James. D'autres comme Oxmo Puccino ou une bonne partie du rap alternatif français ont créé leur propre style tout aussi convaincant.
Très souvent, le rap français crache sur les Etats-Unis, ce que je ne cautionne pas. Mais comme je supporte encore moins qu'on les sacralise, ça ne me dérange pas plus que ça.
La critique du rap vient trop souvent d'une méconnaissance, ou PIRE : d'une fausse connaissance. On CROIT le connaître parce qu'on l'a vu à la télé. Mais le vrai rap ne passe pas à la télé... Booba, Sinik et tout un tas d'autres crétins peuvent aller se faire foutre.
Quand je vois le talent parolier d'un Disiz la Peste cantonné à "J'pète les plombs" et plus récemment "Inspecteur Disiz", je suis triste.
Il suffit d'écouter les albums pour se rendre compte qu'un message souvent incroyablement bien écrit et révélateur de quelque chose de fort transpire dans les textes. Mais personne ne les écoute.
Ce n'est pas une victimisation. Ce n'est pas le "pauvre petit rap français que personne n'écoute alors qu'il le mérite". Mais quand j'entends les morceaux formidables d'un rappeur et que je sais que jamais personne n'en entendra parler autour de moi... Et que les mêmes personnes vont ensuite englober ce rappeur dans leur "Le rap c'est de la merde violente", ça me fait chier. Je ne compte convaincre personne avec cet article, puisque je sais que les esprits sont la plupart du temps fermés sur ce sujet. J'ai fait changer la vision de quelques personnes par le passé, et j'en suis très heureux. Mais les miracles n'existent pas.
Je finirais sur une liste indéniablement inutile et lourde des rappeurs que j'apprécie, par ordre alphabétique.
Amara, Arsenik, Bana Kin, Beretta, Big Red, Busta Flex, Dadoo,
Disiz la Peste, IAM, Kennedy, Kery James, Koma, La Fonky Family
La Caution, Les spécialistes, Less du Neuf, Lino,
L'or du silence, L'Skadrille, la Mafia K1 Fry et ses
membres solos et groupes indépendants (Ideal J, Manu Key,
Intouchable, OGB, le 113, Karlito, Rohff de temps en
temps), Mafia Trece, MC Solaar, MC Rikta, Noyau Dur, NTM, Oxmo Puccino,
Passi, Pit Baccardi, Psy4 de la Rime, Puissance Nord, Relic,
Serum, Soprano, Stomy Bugsy à l'époque, Tandem, et Youssoupha.
J'en oublie peut-être, tant pis.
Ah, et au fait, je connais au moins cinquante mille chansons de Renaud par coeur depuis mon enfance. Je précise juste pour ceux qui se diront que je me borne à écouter du rap. C'est tout simplement faux, haha !



